dimanche, 08 mars 2009
La France dans l'OTAN : une erreur politique
Mais qu'est-ce que la France va faire dans le commandement intégré de l'OTAN ?
La France est une force militaire indépendante depuis 1966, date de la décision du Général de Gaulle de sortir du commandement intégré de l'OTAN. La France, qui a toujours été un allié des Etats-Unis d'Amérique, était de fait militairement et politiquement indépendante. Dans tout le pays et dans tous les partis la position gaullienne faisait large consensus. Cette ligne stratégique était la base, le socle même de la puissance et de l'audience de notre pays à travers le monde. Allié aux Etats-Unis, mais pas vassal : la France pouvait prendre sa propre position et défendre ses intérêts à travers le monde.
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy entant faire entrer à nouveau la France dans le commandement intégré de l'OTAN. C'est une erreur politique importante. Outre qu'il brade la ligne de consensus française pour son propre prestige, l'omniprésident de la République va désormais aligner la France sur les Etats-Unis. Nous devrons de fait exclure toute évolution vers une défense européenne et la position internationale de la France ne pourra en être qu'affaiblit.
Prendre une position aussi courageuse que celle qu'avait prise le Président Chirac pour ne pas engager la France dans la guerre d'Irak ne sera plus possible. Certains diront que l'Allemagne, elle aussi, n'a pas été en Irak alors qu'elle est dans le commandement intégré. C'est vrai, mais sans la position indépendante de la France, qui lui permettait de rendre sa position légitime, l'Allemagne aurait été avec nous dans cette galère.
D'autres diront également qu'avec Barack Obama maintenant au pouvoir aux USA, la politique américaine ne sera plus la même que celle du Président Bush. C'est vrai là aussi. Bien qu'étant moi même admiratif du début de mandat d'Obama, la vérité m'oblige à dire que l'Amérique restera toujours l'Amérique. D'autant qu'Obama ne sera aux affaires au mieux que huit années. Obama ou pas, le Président américain défendra toujours et avant tout les intérêts américains. La France, dans le commandement intégré de l'OTAN devra suivre, elle n'aura pas d'autre choix. L'exemple type reste l'Afghanistan, où nos troupes sont engagées et où Obama envisage de poursuivre l'action entamée par son prédécesseur. La France ne pourra pas en sortir. Seule une position indépendante à l'OTAN et des responsables politiques courageux pourront nous permettre de quitter l'Afghanistan avant les américains.
Outre les élus socialistes qui contestent fortement cette décision, même si cette position est loin d'être suffisament entendue à travers les médias, des responsables politiques de droite s'engagent contre cette réintégration. Alain Juppé a publié une tribune dans Le Monde sur le sujet. Jacques Chirac émet des réserves sur la méthode. Dominique de Villepin, lui, est carrément austille à un retour plein dans le commandement de l'OTAN. François Bayrou demande un référendum. A gauche aussi, des hommes d'Etats et non des moindres s'opposent à cette réintégration. Jean-Pierre Chevènement s'y oppose en arguant qu'un retour dans le commandement intégré est une décision "dangereuse pour la sécurité de la France" et Laurent Fabius estime que cette réintégration "briserait le consensus national" et que "M. Sarkozy est Président de la République, il n’est pas propriétaire du destin de notre pays. Il ne lui appartient pas, par préjugé idéologique, de rompre avec les intérêts supérieurs de la France."
Sous la pression de la gauche au Parlement et notamment des députés et sénateurs socialistes, François Fillon propose d'engager la responsabilité de son gouvernement le 17 mars prochain lors d'un vote au Parlement. L'UMP détenant une large majorité, son gouvernement a très peu de chance de chuter, même si les parlementaires gaullistes (canal historique) votaient contre.
Après cette échéance, le combat devra continuer quoi qu'il en soit. Lors de la campagne européennes, les socialistes doivent faire connaître la position qu'ils défendent. En effet, un des passages du texte adopté par le Parti Socialiste et intitulé "Donner une nouvelle direction à l'Europe" pour les élections européennes fait référence à la politique en matière de défense dont voici l'extrait :
- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.
Voilà qui doit permettre de faire vivre le débat, voilà aussi un point qui doit être au coeur de la campagne des élections européennes à venir.
16:03 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : otan, fabius, ps, sarkozy









