samedi, 13 juin 2009

Guillaume Bachelay : Projet, stratégie, leadership : les leçons du 7 juin

Si le Parti socialiste a subi un échec aux élections européennes, ce n’est pas la faute du mode de scrutin ou du découpage territorial. Ce n’est pas non plus à cause des médias, des sondeurs ou de Yann Arthus-Bertrand. De telles certitudes en carton pâte reviennent, à la fin des fins, à penser que les élections seraient plus simples sans électeurs. Si l’on en juge par les résultats du 7 juin, cette perspective est à portée de main…

Pas de sursaut sans lucidité. Les couches populaires, les classes moyennes dans la galère, les jeunes et les retraités précarisés sont découragés, consternés, par l’incapacité du PS à se rassembler et à proposer. Certains nous font encore confiance. La plupart s’abstiennent. Beaucoup se tournent vers le vote écologiste comme un refuge d’espoir. D’autres préfèrent une droite qui donne - propagande à l’appui - l’impression de faire ce qu’elle peut plutôt qu’une gauche qui ne dit pas ce qu’elle veut. Inverser la vapeur suppose de tirer trois leçons.

La première leçon est politique. L’UMP a su mobiliser, pas nous. Elle a brandi un étendard : le bilan, certes maquillé, de la présidence française de l’Union européenne. Santé, poste, éducation, énergie, emploi - les prochains mois prouveront que décidément, quand l’Europe veut être libérale, elle peut l’être.

En temps réel et non à intervalles réguliers de cinq ans, la gauche devra mieux dénoncer la dérégulation opérée par les gouvernements conservateurs en Europe et dire quels contre-feux progressistes elle y oppose. A également pesé la synthèse des droites réussie par Nicolas Sarkozy qui lui assure mécaniquement, quel que soit le scrutin, un socle électoral d’un quart des votants. Autre facteur-clé : la droite convainc une majeure partie de l’électorat qui vieillit et vote, particulièrement sensible aux notions d’autorité et de sécurité. A cette élection, comme à d’autres dans le passé, nous avons payé chèrement le malaise socialiste sur ce sujet - d’autant plus inexplicable que, sur le terrain, la politique gouvernementale échoue et les élus de gauche agissent. Les plus de 60 ans avaient déjà montré leur poids lors de l’élection présidentielle de 2007. A l’avenir, préoccupons-nous davantage de leurs attentes.

De notre côté, malgré l’engagement de Martine Aubry dans la campagne, nous n’avons pas imposé notre thématique, celle d’une autre majorité politique en Europe. C’était le sens du “manifesto” du Parti socialiste européen et du rejet de José Manuel Barroso. L’ennui est que peu de gens connaissaient la substance de l’un et l’existence de l’autre. Notre plate-forme socialiste tirait des enseignements du non à la Constitution européenne, à commencer par l’indispensable harmonisation fiscale et sociale. Mais nous avons tardé à isoler quelques mesures emblématiques et concrètes. A cet égard, faire l’impasse sur les frontières de l’UE a été une faute collective : l’Europe à vingt-sept ne doit pas seulement être sociale, elle doit être différenciée. Redonner vie à l’ensemble européen dans la mondialisation suppose de lui fixer un cap et des limites. Tout cela a contribué à la grève du vote en général et au boycottage du bulletin socialiste en particulier.

La deuxième leçon, qui saute aux yeux, est idéologique : si l’échec du libéralisme économique se traduit par une déroute politique de la social-démocratie, c’est parce que celle-ci en a souvent appliqué les solutions et parfois accompagné les dérives. Que les socialistes français aient moins versé dans le social-libéralisme que d’autres ne change rien à l’affaire ! En privatisant l’économie et en individualisant la société, en prônant le développement durable sans contester le déploiement du capitalisme, la gauche gouvernementale a moins fait perdre la droite qu’elle ne s’est perdue elle-même. Que deux chefs de gouvernement sociaux-démocrates, José Luis Zapatero et Gordon Brown, approuvent la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne illustre ce dévoiement. La chute du New Labour britannique, fer de lance de la “troisième voie”, en confirme l’impasse.

En France, au congrès de Reims de novembre 2008, le PS a utilement distingué modernisation et droitisation. Hélas, cette réorientation salutaire, à la fois radicale et efficace, de gauche tout simplement, a été éclipsée par les batailles de chiffonniers pour la direction, la vaine querelle des générations, le combat résiduel des courants et sous-courants, le refuge anesthésiant dans un localisme flirtant avec l’apolitisme à mesure que l’on se rapproche du centre-ville des grandes métropoles.

L’ultime leçon est stratégique : si l’UMP est en tête dans les régions, c’est la gauche, qu’elle se dise “réformiste” ou “mouvementiste”, qui est majoritaire dans le pays. Majoritaire et impuissante car fragmentée en une multitude de partis et d’aspirants chefs. Alors même - fait rarement souligné - que l’émiettement politique des forces de gauche contraste avec son homogénéité idéologique, la plus forte depuis le programme commun d’il y a trois décennies, pensé et adopté avant la déferlante néolibérale amorcée dans les années Thatcher-Reagan. Intervention de la puissance publique face au capitalisme financier pour plus de transparence et de justice, encadrement du libre-échange commercial pour une mondialisation régulée, amélioration des conditions de travail et de la rémunération des salariés, “mutation verte” de l’appareil de production et des modes de consommation, ces options étaient communes aux projets du PS, d’Europe Ecologie, du Front de gauche, voire du NPA.

Ces trois leçons dessinent un horizon : rassembler les formations de la gauche autour d’un projet post-libéral et pas seulement antilibéral ; bâtir une organisation qui dépasse les bunkers actuels ; identifier le leader aux épaules assez solides pour mener la reconquête face à Nicolas Sarkozy.

Le projet post-libéral sera social-écologique. Il mêlera plus qu’il hiérarchisera croissance économique, progrès social, saut technologique, préservation environnementale, diversité culturelle, contre-pouvoirs démocratiques. Son point d’appui réside dans les politiques innovantes engagées par la gauche (déjà) unie dans les collectivités locales. Profitons des élections régionales pour organiser, sur le terrain et dès maintenant, des “rassemblements du changement” ouverts aux syndicats, aux associations, aux universitaires et aux scientifiques, aux citoyens qui pourront non seulement discuter le projet, mais le voter. Sur cette base, un contrat de législature pour 2012 pourra être élaboré entre les partis de gauche.

Leur unification en découlera. La fusion est impensable - le caporalisme est étranger à tous - et l’absorption irréalisable - quand bien même le voudrait-il, le PS n’est pas en mesure de pratiquer l’hégémonisme. C’est d’une fédération que la gauche a besoin. Cette “maison commune” est affaire de volonté plus que de procédures. D’autant qu’en ramenant, aux municipales puis aux européennes, le MoDem à ses basses eaux, les électeurs ont tranché la question des alliances.

L’incarnation, enfin, s’impose. Que cela plaise ou non, l’élection présidentielle structure le débat public et nos institutions. Se chercher un candidat, c’est donc rechercher un président. Avant de se lancer dans les expérimentations hasardeuses, réfléchissons : quel sens et quel bénéfice y a-t-il à mettre en concurrence devant les Français des personnalités pour incarner un projet qu’elles auront bâti ensemble ? Pour avoir mis dans des “primaires de personnes” toute son énergie, oubliant au passage d’en garder pour les idées, la gauche italienne a été laminée par Silvio Berlusconi. Méditons ce contre-exemple.

L’histoire l’a prouvé : les cycles politiques vont et viennent, tandis que les partis naissent, vivent et meurent. S’il trouve la force collective de se reconstruire, le PS ne se sauvera pas seulement lui-même : il préservera les chances d’une alternative imminente au libéralisme autoritaire de la droite européenne dont le sarkozysme est l’avatar français.

PARU DANS : SITE LE MONDE | 11.06.09 | 13h52
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Guillaume Bachelay est secrétaire national du PS chargé de l’industrie et conseiller général de Seine-Maritime.

lundi, 08 juin 2009

Communiqué de Catherine Trautmann

Communiqué de presse de Catherine TRAUTMANN

Résultats des élections européennes du 7 juin 2009

8 juin 2009

Les résultats d’hier avec un taux d’abstention catastrophique, jamais atteint depuis 1979, marquent pour moi d’abord l’affaiblissement de l’idéal européen : l’Union européenne est à un tournant de son histoire ; il lui faut à présent trouver rapidement un nouveau souffle si elle ne veut pas devenir un simple artefact des gouvernements européens. Sans participation électorale, pas de légitimité démocratique !  La montée inquiétante des nationalismes dans certains Etats-membres, participe également à cette négation du projet européen.

Cette abstention peut être interprétée comme l’expression d’une frustration des électeurs par rapport à un projet européen qui leur échappe et la revendication d’une plus grande transparence sur la façon dont le PE peut exercer son pouvoir et dont les décisions sont prises. C’est aujourd’hui la responsabilité des élus au Parlement européen de redoubler d’efforts pour donner un sens à l’Europe.

A l’échelle de l’Union, les Socialistes, unis comme jamais autour d’un véritable projet commun élaboré et porté par l’ensemble des partis membres du PSE –le Manifesto– n’ont pas réussi à incarner de façon crédible l’alternative que ce programme pouvait représenter.

En outre, la défaite du Parti Socialiste français s’explique notamment par une confusion entretenue entre enjeux nationaux et enjeux européens. Et malgré la campagne collective menée sur le Grand Est, c’est l’absence d’unité nationale qui nous a été clairement reprochée.

Aujourd’hui, la question qui se pose à nous autres Socialistes Français, est bien celle de la crédibilité de notre parti, alors même que nous devrions être une force majeure de proposition. Je salue d’ailleurs le courage de Martine Aubry qui en reconnaissant la défaite du Parti socialiste a aussi entendu le message que les Français nous ont adressé. Car si les victoires sont collectives, il est bon de rappeler que les défaites le sont également !

Aujourd’hui, les Européens ont fait le choix d’avoir un Parlement clairement à droite. Il faudra que le PPE l’assume demain. Se pose la question du contrepoids politique face à la Commission et au Conseil, puisqu’avec de tels équilibres nous prenons le risque de prendre le chemin d’une Europe des gouvernements et non d’une Europe des citoyens. La responsabilité des forces de gauche est d’organiser un contrepouvoir, de trouver un mode de gouvernance alternatif au sein du Parlement européen. C’est un enjeu pour les semaines qui viennent. En ce qui me concerne, j’ai pris des engagements clairs sur des sujets sensibles vis-à-vis des électeurs du Grand Est. Je resterai fidèle à ces engagements, et mon action s’inscrira bien sur le fond et dans la durée.

mardi, 02 juin 2009

Lettre de Martine Aubry

 

A 5 jours du vote pour les élections européennes Martine Aubry adresse un message de mobilisation que vous pouvez télécharger en cliquant ici.

mercredi, 27 mai 2009

"Changer l’Europe, sanctionner la politique de Nicolas Sarkozy"

jeudi, 21 mai 2009

Article des DNA sur la visite de Catherine Trautmann

Jungo

 

Devant la balayeuse articulée, de g à d, Thierry Sother, Franck Dudt, Marie-Jeanne Taureau, Pierre Freyburger, Catherine Trautmann et Nicolas Jungo. (Photo DNA)

Avant de rejoindre Mulhouse, la députée européenne et ancien maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, a fait halte dans la zone industrielle de la Doller, dans l'entreprise Jungo Engineering.
Les cinq ingénieurs de ce bureau d'étude, dirigé par son fondateur Nicolas Jungo, conçoivent des produits innovants et industrialisables allant de la construction mécanique, comme la balayeuse articulée multifonction, qui s'exporte bien en Allemagne où on connaît la valeur du développement durable, au design plasturgique des ordinateurs. Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise !
Pour cette visite, Catherine Trautmann était accompagnée de conseillers municipaux PS haut-rhinois, Pierre Freyburger (également conseiller général) et Thierry Sother de Mulhouse, Marie-Jeanne Taureau de Wittelsheim, et Franck Dudt de Masevaux, à l'origine de cette visite.


mardi, 19 mai 2009

Catherine Trautmann en visite à Burnhaupt dans la société Jungo

Catherine Trautmann était présente cet après-midi dans la Zone Industrielle du Pont d'Aspach. Dans le cadre de la campagne européenne qu'elle mène, elle a visité la société Jungo. Elle était entre autre accompagné de Pierre Freyburger (Conseiller Général du Haut-Rhin et Conseiller Municipal de Mulhouse), de Marie-Jeanne Taureau (élue municipale de Wittelsheim) et de Thierry Sother (Conseiller Municipal de Mulhouse). La presse locale (L'Alsace, DNA et Télé Doller) couvrait la visite. Les articles de presse écrite seront publiés ici.

L'entreprise "Jungo" commercialise un véhicule type balayeuse pour les collectivités. Petite société de 10 personnes, elle est particulièrement innovante et axée sur le développement durable.

Quelques photos de la visite :

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vendredi, 15 mai 2009

Catherine Trautmann dans la Vallée de la Doller

Mardi 19 mai, Catherine Trautmann, candidate aux élections européennes dans l'Est pour le Parti Socialiste, effectuera une visite de l'entreprise "Jungo Voirie" dans la Zone Industrielle du Pont d'Aspach.

Cette visite entre dans le cadre de la campagne européenne de terrain que mène Catherine Trautmann et précèdera de quelques heures le grand meeting régional de Mulhouse.

J'aurais donc le plaisir de lui faire découvrir le poumon économique de notre vallée et d'aller avec elle à la rencontre d'une société innovante, qui développe une forte stratégie en matière de développement durable et qui travaille largement avec nos voisins allemands, ce qui pour une campagne européenne est pour le moins intéressant.

 

mercredi, 13 mai 2009

Meeting de Catherine Trautmann à Mulhouse

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jeudi, 02 avril 2009

Barroso, le bilan d’un libéral

Lu sur : http://www.changerleurope.fr/barroso-le-bilan-d-un-liberal/

Une fois le nouveau Parlement européen élu, le 7 juin prochain, il aura à se prononcer pour l’élection d’un nouveau président de la Commission européenne, le mandat de 5 ans de José Manuel Durao Barroso s’achevant. Candidat à sa propre succession, son bilan à la tête de l’exécutif européen et celui de la majorité de droite sortante, est pourtant critiqué.

Barroso plaide depuis novembre 2004 pour « l’Europe des résultats ». Mais de quels résultats parle-t-on, après cinq ans à la tête de la Commission européenne avec sa majorité conservatrice PPE dont l’UMP fait partie ? Libéral, le président portugais a soutenu la directive Bolkestein en vantant le « principe du pays d’origine », quand tous les sondages montraient l’opposition des populations. Mais il s’est surtout illustré, depuis le début de la crise économique et financière, par son manque de vision pour l’Europe, et un non interventionnisme déroutant. Quant tout le monde réclamait un plan, au moins un débat, sur l’avenir de l’automobile en Europe, ce dernier a rejeté tout soutien au secteur sur les Etats membres. C’est d’ailleurs l’un des reproches les plus soulignés par ses opposants : son manque d’ambition et de propositions qui a marginalisé la Commission européenne au lieu de renforcer la cohérence européenne. Pour Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE, dans une interview au Monde du 28 mars dernier : « M. Barroso a été très passif dans sa gestion de la pire crise économique depuis la seconde guerre mondiale. Il essaie de faire croire que le plan de relance européen est proche de 4 % du PIB. Ce n'est tout simplement pas correct de prendre en compte les amortisseurs sociaux, qui augmentent avec la montée du chômage. Cela n'a rien à voir avec une politique volontariste de préservation des emplois. Le président de la Commission doit par ailleurs être capable de faire face aux gouvernements. Pour l'instant, nous avons un président qui représente le plus petit dénominateur commun et réduit l'Union européenne à une association intergouvernementale ».

Un manque d’autorité pointée du doigt dès son élection. Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, déclarait : «Quand il parle aux socialistes, il est socialiste. Quand il parle aux libéraux, il est libéral. Il dit aux gens ce qu'ils veulent entendre.» Sans donner de direction à l’Europe. Avec lui donc, l’Europe des citoyens ou l’Europe sociale n’ont pas pu avancer.

 

samedi, 28 février 2009

Catherine Trautmann comme locomotive

Le Conseil National du PS vient de se réunir pour approuver la composition des listes aux élections européennes. La grande et bonne nouvelle pour l'Alsace, c'est que Catherine Trautmann, ancien Maire de Strasbourg, sera la locomotive pour la région du "grand est". Cette région comprend l'Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté, la Bourgogne et la Champagne-Ardennes. Le PS n'aura pas la partie facile, certes, entre les sondages qui donnent l'UMP légèrement en avance devant les socialistes, les Verts et les têtes d'affiches de la bande à Cohn-Bendit, ou encore la candidature de Jean-François Kahn dans l'est pour le Modem.

Néanmoins, politiquement, le PS a de grandes cartes à jouer, notamment par l'attitude scandaleuse du Président de la République qui méprise les français, la politique désatreuse du gouvernement qui n'agit en rien pour la relance et le pouvoir d'achat, alors que le PS apporte des réponses dans son contre-plan de relance. Le plus important à l'approche des élections du 07 juin, c'est le projet pour cette campagne. Le Manifesto, texte de référence qui orientera la campagne pour les socialistes est un document européen, il sera la base du projet de l'ensemble des partis socialistes d'Europe pour cette campagne (SPD, PSOE, ...). A lire également pour bien s'informer sur les propositions socialistes, le texte "Donner une nouvelle direction à l’Europe".

Enfin, pour en revenir à la campagne, le coup d'envoi dans le Haut-Rhin aura lieu à Thann, le lundi 23 mars au Cercle St Thiebaut en présence de Catherine Trautmann.